Imaginons Claire, 54 ans, diabétique de type 2 reconnue en affection longue durée depuis trois ans. Sur le papier, sa prise en charge est à 100 %. Dans les faits, elle constate chaque année près de 900 € de dépenses de santé qui restent à sa charge : consultations d’endocrinologue en secteur 2, chambre particulière lors d’une courte hospitalisation, ophtalmologue pour le dépistage de la rétinopathie, prothèses dentaires. Son expérience illustre un malentendu fréquent : l’ALD rembourse 100 % du tarif conventionnel, pas 100 % du coût réel. Comprendre cette nuance, c’est comprendre pourquoi une complémentaire santé reste indispensable même en ALD.
Dans mon cabinet, j’accompagne régulièrement des patients ALD qui découvrent, après plusieurs mois de soins, que leur reste à charge réel dépasse leurs estimations de départ. J’ai élaboré ce guide pour leur éviter ces mauvaises surprises, et pour que vous puissiez anticiper dès la reconnaissance de l’ALD.
Cet article décompose le cadre juridique de l’ALD, détaille la liste officielle des affections exonérantes, chiffre les postes qui restent à votre charge et expose les démarches administratives exactes. Il s’adresse aux personnes concernées par une ALD et à leurs proches, avec les références aux textes officiels : Ameli.fr, Haute Autorité de Santé (HAS), Code de la Sécurité Sociale, Direction de la Sécurité Sociale (DSS).
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Pour toute décision liée à votre santé, consultez votre médecin traitant et votre caisse d’Assurance Maladie.
Qu’est-ce qu’une ALD ?
Définition légale et base de remboursement
L’affection longue durée est définie par l’article L322-3 du Code de la Sécurité Sociale, qui énumère les situations ouvrant droit à la suppression de la participation de l’assuré (le « ticket modérateur »). Le décret d’application R322-6 précise les modalités d’exonération et la procédure d’admission. Le principe : une maladie chronique grave, évolutive ou invalidante, nécessitant un traitement prolongé et coûteux, ouvre droit à une prise en charge à 100 % du tarif Sécurité Sociale pour tous les actes et traitements en lien direct avec la pathologie.
L’admission en ALD est prononcée par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) sur avis du médecin-conseil, à partir d’un protocole de soins rédigé par le médecin traitant. Selon la Cnam, 13 millions d’assurés environ sont actuellement reconnus en ALD en France, soit près d’un assuré sur cinq. Cette proportion augmente avec le vieillissement démographique et la meilleure détection des maladies chroniques.
Les trois catégories du dispositif
Le dispositif distingue trois familles, chacune avec un régime juridique propre. La première est l’ALD exonérante de la liste (ALD30) : ce sont 30 pathologies identifiées par la HAS, ouvrant droit au 100 % pour les soins liés. La deuxième est l’ALD exonérante hors liste (ALD31) : forme grave d’une maladie non inscrite sur la liste, avec traitement prolongé supérieur à 6 mois et coût élevé. L’avis du médecin-conseil est systématique. La troisième est la polypathologie invalidante (ALD32) : cumul de plusieurs affections entraînant un état pathologique invalidant chez une personne âgée, avec une procédure d’admission spécifique.
Une ALD non exonérante (hypertension artérielle isolée, arthrose sans complication) donne droit à un suivi médical prolongé mais ne modifie pas les taux de remboursement habituels. C’est une confusion que je rencontre régulièrement : être suivi pour une affection chronique ne signifie pas automatiquement être exonéré du ticket modérateur.
La liste officielle des 30 ALD exonérantes
La Haute Autorité de Santé publie et met à jour la liste des ALD30 ainsi que les guides patients et les référentiels médicaux associés (« Guide du parcours de soins »). Les 30 affections reconnues sont :
- Accident vasculaire cérébral invalidant
- Insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques
- Artériopathies chroniques avec manifestations ischémiques
- Bilharziose compliquée
- Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires graves, cardiopathies congénitales graves
- Maladies chroniques actives du foie et cirrhoses
- Déficit immunitaire primitif grave nécessitant un traitement prolongé, infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH)
- Diabète de type 1 et diabète de type 2
- Formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathies), épilepsie grave
- Hémoglobinopathies, hémolyses chroniques constitutionnelles et acquises sévères
- Hémophilies et affections constitutionnelles de l’hémostase graves
- Maladie coronaire
- Insuffisance respiratoire chronique grave
- Maladie d’Alzheimer et autres démences
- Maladie de Parkinson
- Maladies métaboliques héréditaires nécessitant un traitement prolongé spécialisé
- Mucoviscidose
- Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif
- Paraplégie
- Vascularites, lupus érythémateux systémique, sclérodermie systémique
- Polyarthrite rhumatoïde évolutive
- Affections psychiatriques de longue durée
- Rectocolite hémorragique et maladie de Crohn évolutives
- Sclérose en plaques
- Scoliose idiopathique structurale évolutive (dont l’angle est supérieur ou égal à 25 degrés) jusqu’à maturation rachidienne
- Spondylarthrite grave
- Suites de transplantation d’organe
- Tuberculose active, lèpre
- Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique
- Maladie de Huntington
Source : Ameli, « ALD et remboursements », et HAS, « Guide du parcours de soins ».
Le principe du 100 % Sécurité Sociale, et ce qu’il cache concrètement
Ce que signifie réellement « 100 % »
Le 100 % s’applique à la base de remboursement Sécurité Sociale (BR ou BRSS), c’est-à-dire au tarif conventionnel fixé par la Sécu, et non au montant facturé par le professionnel de santé. C’est la nuance fondamentale. Lorsqu’un endocrinologue en secteur 2 facture 80 € une consultation dont la BR est de 31,50 €, l’ALD rembourse 31,50 € (100 % de la BR). Les 48,50 € restants sont des dépassements d’honoraires, à votre charge ou à celle de votre mutuelle.
Les actes couverts à 100 % comprennent les consultations du médecin traitant et des spécialistes inscrits au protocole, les médicaments prescrits en lien avec l’ALD, les examens de biologie médicale, l’imagerie et les explorations fonctionnelles, les hospitalisations publiques ou privées liées à la pathologie, les dispositifs médicaux inscrits à la LPP (Liste des Produits et Prestations), et les transports médicaux sanitaires (VSL, ambulance, taxi conventionné) prescrits par le médecin.
Parcours de soins et ordonnance bizone : comment ça fonctionne
Le patient en ALD doit respecter le parcours de soins coordonnés : consulter son médecin traitant avant tout spécialiste (sauf gynécologue, ophtalmologue, psychiatre, stomatologue dans certaines conditions). Hors parcours, la majoration du ticket modérateur s’applique et l’exonération ALD peut être remise en cause pour l’acte concerné.
L’ordonnance bizone est l’outil clé de la distinction ALD / non-ALD. Il s’agit d’une ordonnance à deux parties. La partie haute regroupe les prescriptions en lien avec l’ALD, remboursées à 100 %. La partie basse couvre les prescriptions sans rapport avec l’ALD, remboursées au tarif habituel (65 %, 30 %, 15 % selon le médicament, ticket modérateur à votre charge ou à celle de la mutuelle). Le médecin est juridiquement responsable de la bonne ventilation. Un médicament mal placé peut entraîner un refus de remboursement à 100 %.
Ce que le 100 % Sécu ne couvre pas : les 5 postes critiques
C’est ici que se concentre la quasi-totalité du reste à charge d’un patient ALD. Cinq postes méritent une attention particulière.
Dépassements d’honoraires : le premier poste de reste à charge
En France, la DREES estime qu’environ un médecin spécialiste sur deux exerce en secteur 2 (honoraires libres), avec une proportion supérieure à 60 % dans les grandes métropoles. Un exemple chiffré sur une consultation de cardiologue :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Tarif facturé (secteur 2 non OPTAM) | 90 € |
| Base de remboursement Sécu | 31,50 € |
| Remboursement ALD (100 % BR) | 31,50 € |
| Dépassement d’honoraires | 58,50 € |
| Reste à charge sans mutuelle | 58,50 € |
| Reste à charge avec mutuelle 200 % BR | 0 € (couvert jusqu’à 63 €) |
L’OPTAM (Option Pratique Tarifaire Maîtrisée) et l’OPTAM-CO (chirurgie-obstétrique) sont des contrats conventionnels incitant les médecins de secteur 2 à modérer leurs dépassements. Les contrats de complémentaire santé dits « responsables » remboursent mieux les praticiens OPTAM (jusqu’à 200 % BR) que les non-signataires (plafond à 100 % BR, sauf exception).
Forfait journalier hospitalier : 20 €/jour à votre charge
Fixé par arrêté interministériel, le forfait journalier hospitalier est de 20 € par jour en établissement de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) et en soins de suite et réadaptation, et de 15 € par jour en psychiatrie (tarif en vigueur depuis 2018, source Ameli). Il représente la participation forfaitaire du patient aux frais d’hébergement et d’entretien.
Point crucial : le forfait journalier n’est pas pris en charge par l’ALD. Seule une mutuelle peut le couvrir. Une hospitalisation de 10 jours pour un bilan approfondi représente 200 € de forfait, qui s’ajoutent à tous les autres restes à charge.
Actes hors protocole : la limite la plus mal comprise
Être en ALD pour un diabète ne donne pas droit au 100 % pour une entorse, un détartrage ou une consultation ORL sans rapport. Ces soins suivent les règles classiques : 70 % du tarif conventionnel pour les consultations, 30 % de ticket modérateur à votre charge. C’est la règle la plus difficile à expliquer aux patients, et celle qui génère le plus de déceptions.
Participation forfaitaire et franchises médicales
Même en ALD, le patient acquitte la participation forfaitaire de 1 € par consultation, acte de biologie, acte de radiologie ou acte médical chez un médecin (plafonnée à 50 € par an). Il acquitte également les franchises médicales : 1 € par boîte de médicaments, 1 € par acte paramédical, 4 € par transport sanitaire, plafonnées à 50 € par an. Ces montants sont retenus par l’Assurance Maladie sur les remboursements. Les contrats de complémentaire santé responsables n’ont pas le droit de les prendre en charge.
Chambre particulière et frais de confort
La chambre particulière (50 à 150 € par nuit selon l’établissement en MCO), la télévision, le téléphone, les frais d’accompagnant ne relèvent jamais du 100 % ALD. Seule la mutuelle les prend en charge si la garantie est prévue.
Pourquoi renforcer sa mutuelle en ALD : ce que chiffrent les données DREES
Une étude de la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) publiée dans le panorama annuel « Les dépenses de santé » situe le reste à charge moyen d’un patient en ALD entre 700 et 1 300 € par an, selon la pathologie et les parcours de soins. Ce montant peut grimper bien plus haut en cas d’hospitalisation longue ou de recours à des spécialistes en secteur 2.
Scénario A : patient ALD sans mutuelle
Hospitalisation programmée de 7 jours pour bilan cardiologique, plus 4 consultations de suivi annuelles chez un cardiologue de secteur 2 à 90 € (BR 31,50 €).
| Poste | Montant |
|---|---|
| Forfait journalier hospitalier (7 × 20 €) | 140 € |
| Chambre particulière (7 × 80 €) | 560 € |
| Dépassements d’honoraires (4 × 58,50 €) | 234 € |
| Participation forfaitaire et franchises | 50 € |
| Total reste à charge annuel | 984 € |
Scénario B : même patient avec mutuelle renforcée
Contrat incluant 200 % BR en dépassements, chambre particulière 80 €/nuit, forfait hospitalier illimité.
| Poste | Montant |
|---|---|
| Forfait journalier (couvert) | 0 € |
| Chambre particulière (couverte) | 0 € |
| Dépassements d’honoraires (couverts à 200 % BR) | 0 € |
| Participation forfaitaire et franchises (non couvrables) | 50 € |
| Total reste à charge annuel | 50 € |
Différentiel : 934 € de reste à charge évité. Comparé à une cotisation mutuelle annuelle de 600 à 1 200 € selon l’âge, le calcul reste favorable dès lors que la consommation de soins est régulière.
Mutuelles labellisées “ALD” : souvent surfacturées, voici pourquoi je les déconseille dans la plupart des cas
Je dois vous dire quelque chose que les assureurs n’aiment pas entendre : les contrats labellisés « mutuelle ALD » sont souvent surfacturés par rapport à ce qu’ils proposent réellement. J’ai comparé plusieurs offres de ce segment : la plupart se contentent d’un bon niveau en hospitalisation et dépassements d’honoraires, mais leurs garanties dentaire et optique sont médiocres.
Mon réflexe quand un assuré me demande conseil sur une mutuelle ALD : regarder d’abord les conditions générales d’un contrat classique bien calibré. Un contrat standard avec 200 % BR en dépassements, forfait hospitalier illimité et chambre particulière à 80 €/nuit couvre l’essentiel des restes à charge ALD, souvent pour une cotisation inférieure. La mention « mutuelle ALD » est davantage un argument marketing qu’une réalité de garanties supérieures.
5 critères pour bien choisir
Une complémentaire santé adaptée à une situation d’ALD doit être évaluée au-delà du prix affiché.
Le premier critère est le niveau de prise en charge des dépassements d’honoraires : viser 200 % BR minimum pour praticiens OPTAM, 100 % BR pour non-OPTAM. Pour une chirurgie lourde, 300 % BR peut être justifié.
Le deuxième est le forfait journalier hospitalier pris en charge sans limite de durée. Vérifier la mention « forfait journalier illimité » au tableau de garanties. Certains contrats limitent à 30 ou 90 jours par an.
Le troisième est la chambre particulière : un forfait de 60 à 100 € par nuit couvre la majorité des établissements MCO. Attention aux limitations (60 jours par an, exclusion de la psychiatrie, etc.).
Le quatrième est le dentaire et l’optique correctement dotés. Ces postes sont rarement liés à l’ALD, donc le ticket modérateur et les dépassements restent à couvrir. Viser au moins 400 € tous les 2 ans en optique et un niveau 2 ou 3 en dentaire.
Le cinquième est l’absence de questionnaire médical ou de délai de carence sur les soins liés à l’ALD. Les contrats responsables « sans sélection médicale » et les mutuelles d’entreprise sont les plus protecteurs sur ce point.
Les démarches administratives pour obtenir une ALD : procédure exacte
Le formulaire Cerfa du protocole de soins
La demande d’ALD passe par le protocole de soins, formalisé sur le formulaire Cerfa n° 11626*06 (« Protocole de soins - affection de longue durée »). Ce document est rempli par le médecin traitant, qui décrit la pathologie, les actes et traitements nécessaires, les professionnels impliqués et la périodicité du suivi.
La procédure se déroule en trois étapes. La première est la rédaction par le médecin traitant, lors d’une consultation dédiée avec bilan des examens et identification de la pathologie justifiant l’ALD. La deuxième est l’envoi à la CPAM : le médecin transmet le volet 1 au service médical, qui l’évalue via le médecin-conseil (réponse sous 30 jours). La troisième est la notification au patient : en cas d’accord, le patient reçoit un courrier et conserve le volet 3 du protocole, à présenter à chaque professionnel concerné.
Durée de validité et renouvellement
La durée du protocole varie selon la pathologie, de 2 à 10 ans (source Ameli). Le renouvellement est à l’initiative du médecin traitant, qui réévalue la situation. Certaines ALD, comme les cancers en rémission complète, peuvent être clôturées après plusieurs années sans récidive. Le patient bascule alors en régime général, avec maintien d’un suivi mais perte du 100 % pour les soins antérieurement couverts.
Enfant, salarié, retraité, indépendant : comment l’ALD s’adapte à chaque situation
Enfant en ALD
L’enfant est rattaché à la couverture santé d’un parent (Sécurité Sociale via l’ayant droit, mutuelle via la formule famille). L’ALD suit la même logique. Pour les établissements spécialisés et les soins d’accompagnement, des aides complémentaires (MDPH, AEEH) peuvent être mobilisées.
Salarié en ALD et mutuelle d’entreprise
Depuis la loi ANI du 14 juin 2013, toute entreprise privée doit proposer une mutuelle collective à ses salariés. Pour un salarié en ALD, cette mutuelle est généralement avantageuse : garanties négociées, pas de sélection médicale, cotisation partagée avec l’employeur (50 % minimum). Les cas de dispense légaux (contrat court de moins de 3 mois, temps partiel, couverture individuelle déjà en cours, bénéficiaire de la CSS) restent limités.
Retraité en ALD
À la retraite, le salarié perd le bénéfice de sa mutuelle d’entreprise. Trois options s’offrent à lui : le maintien de la mutuelle d’entreprise pendant 12 mois maximum (article 4 de la loi Évin du 31 décembre 1989), avec une majoration tarifaire plafonnée à 50 % la première année ; la souscription d’un contrat individuel senior, avec garanties renforcées sur l’hospitalisation et les dépassements ; ou le recours aux dispositifs d’aide, comme la CSS (Complémentaire Santé Solidaire) sous condition de ressources.
Travailleur indépendant et TNS en ALD
Les indépendants relèvent du régime général depuis la suppression du RSI (intégrée au régime général depuis le 1er janvier 2020). L’ALD s’applique dans les mêmes conditions. Une mutuelle Madelin reste fiscalement avantageuse : les cotisations sont déductibles du revenu professionnel dans la limite d’un plafond annuel indexé sur le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale).
FAQ
L’ALD rembourse-t-elle les médicaments à 100 % ?
Oui pour les médicaments prescrits sur la partie haute de l’ordonnance bizone en lien avec l’ALD. Non pour les médicaments sans rapport avec la pathologie reconnue, qui sont remboursés au tarif habituel (65 %, 30 % ou 15 % selon la vignette). Les médicaments à service médical rendu insuffisant ou non remboursables restent entièrement à votre charge.
Ma mutuelle peut-elle refuser de me couvrir si j’ai une ALD déclarée ?
Un contrat responsable et solidaire ne peut pas refuser l’adhésion ni appliquer une majoration tarifaire sur la base de l’état de santé. En revanche, un contrat non responsable ou une mutuelle individuelle avec questionnaire médical peut exclure certains soins liés à la pathologie préexistante. Vérifiez toujours la mention « sans sélection médicale » au contrat.
Combien de temps dure une reconnaissance d’ALD ?
De 2 à 10 ans selon la pathologie. Le médecin traitant propose le renouvellement à l’échéance. Certaines ALD, comme les cancers après rémission complète de longue durée, peuvent être clôturées. Le patient conserve alors le droit à un suivi, mais sans exonération du ticket modérateur.
Puis-je cumuler ALD et Complémentaire Santé Solidaire ?
Oui. L’ALD et la CSS sont deux dispositifs complémentaires. L’ALD couvre le 100 % BR pour les soins liés à la pathologie. La CSS, soumise à condition de ressources, couvre les tickets modérateurs, forfaits et dépassements dans les limites du panier CSS sur l’ensemble des soins. Pour les ménages modestes en ALD, c’est le cumul optimal.
Le forfait journalier hospitalier est-il vraiment à ma charge en ALD ?
Oui. Le 100 % Sécu ne couvre pas le forfait journalier (20 € en MCO, 15 € en psychiatrie). Sur une hospitalisation de 20 jours, le cumul atteint 400 € rien que sur ce poste. Une mutuelle avec « forfait journalier illimité » est le seul moyen de le neutraliser.
Comment contester un refus d’ALD par la CPAM ?
En cas de refus du médecin-conseil, le patient peut saisir la Commission de Recours Amiable (CRA) de sa CPAM dans un délai de 2 mois après notification. En cas de nouveau refus, un recours devant le tribunal judiciaire, pôle social est possible. Le médecin traitant peut compléter le dossier médical avec des pièces supplémentaires justifiant la gravité de l’affection.
Faut-il demander l’ALD ou le médecin traitant le fait-il automatiquement ?
Le médecin traitant propose la demande d’ALD, mais c’est bien lui qui initie la procédure. J’ai accompagné des patients qui ignoraient pouvoir solliciter cette démarche alors qu’ils réunissaient toutes les conditions depuis des mois. Si vous pensez être éligible (pathologie de la liste ALD30, traitement prolongé et coûteux), parlez-en explicitement à votre médecin lors de votre prochaine consultation.
Ce qu’il faut retenir
L’ALD est un dispositif essentiel qui couvre 100 % du tarif Sécu pour les soins liés à une pathologie reconnue — c’est-à-dire pour 13 millions d’assurés en France. Mais le « 100 % » porte sur la base de remboursement conventionnelle, pas sur le coût réel. Cinq postes concentrent l’essentiel du reste à charge : dépassements d’honoraires, forfait journalier (20 €/jour en MCO), chambre particulière, participation forfaitaire, soins hors protocole. Un contrat mutuelle avec 200 % BR minimum sur les dépassements, un forfait hospitalier illimité et une chambre particulière à 80 € par nuit transforme concrètement le reste à charge annuel — de 984 € potentiels à 50 €, comme le montre le scénario B. Les démarches administratives passent par le formulaire Cerfa n° 11626*06 et le protocole de soins validé par la CPAM, avec une durée variable de 2 à 10 ans selon la pathologie.
Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Pour toute démarche liée à une ALD, consultez votre médecin traitant et votre caisse d’Assurance Maladie (Ameli.fr). Les chiffres présentés sont à jour des barèmes publics disponibles à la date de publication. Sources principales : Ameli.fr (Caisse Nationale d’Assurance Maladie), Haute Autorité de Santé (HAS), Code de la Sécurité Sociale (articles L322-3, R322-6, L322-3-1), Décret n° 2011-77 du 19 janvier 2011 (liste des 30 ALD), Direction de la Sécurité Sociale (DSS), DREES panorama annuel « Les dépenses de santé ».




